18 mai 2013

Génération BAMP, en êtes-vous ?


Quand l’infertilité et l’AMP sortent de l’ombre, ça fait  du bruit et ça fait BAMP !

Quand les chemins de fécondité individuels viennent s’inscrire dans une dynamique collective, ça fait un Collectif Blog AMP !

Une tribune pour les infertilités fertiles, un espace pour partager, témoigner, agir.




Merci aux blogueuses qui sont à l’initiative de ce collectif. Merci pour cette proposition qu’elles font aux couples dits « infertiles », hommes et femmes, qu’ils bloguent ou non,  de faire entendre leur voix  dans la société, dans les médias, auprès des politiques …



C’est une initiative que je salue et que je soutiens pleinement !

Pourquoi ?

Parce que je crois qu’elle s’inscrit  dans l’air du temps et dans ce qui me semble être les besoins de notre « génération de mutants ».



BAMP dans l’air du temps

Partie en chemin vers mes enfants il y a 13 ans, sillonnant le web sur les thèmes de l’infertilité et de l’AMP depuis tout ce temps, rencontrant des couples depuis des années, j’ai pu observer comme la façon d’en parler a évolué .

Les médias en parlent plus, à leur manière. Mr et Mme tout le monde ont des avis et des conseils sur la question. Les professionnels – médecins ou psys – multiplient les ouvrages à destination des couples en désir d’enfant. Les pouvoirs publics, toujours gardiens du cadre éthique et législatif, développent aussi des supports d’information dédiés, comme ceux de l’Agence de Bio Médecine, soulignant ainsi la portée de ces problématiques de fertilité en terme de santé publique.

Et les couples concernés ? Quand les entend-t-on ?

Ils s’expriment de plus en plus également; doucement, mais sûrement, ils sortent de l’ombre et du silence, individuellement à travers les livres de témoignage, forums et blogs, … Beaucoup de femmes, et quelques hommes, qui dans leurs publications évoquent leurs cheminements, leurs questionnements, leurs évolutions intérieures, … le font  me semble-t-il avec de plus en plus de profondeur, et avec de plus en plus de conscience des enjeux de ce parcours à leur niveau personnel et sur un plan plus collectif.

Et cette maturité croissante se traduit aussi par un désir de plus en plus présent  d’être acteur, non seulement de son parcours personnel, mais aussi pleinement acteurs, dans une dynamiques collective, de la révolution qui est en marche pour les « générations de mutants » que nous sommes et que sont nos enfants nés et à venir. En consultation, en cercle de fécondité, ou encore lors de conférences, de plus en plus, j’entends ceci : « je veux faire connaître la réalité de nos vécus auprès de notre entourage, des médecins, de la société », « un jour, j’aiderai les couples dans cette situation », « je mettrai en place un lieu de rencontre où trouver écoute, soutien, échange, conseil, adresses, soins» , « le comité national d’éthique, les politiques devraient nous écouter, nous consulter »,…

Et récemment, invitée à Genève par l’association Bloom & Boom, j’ai donné une conférence sur le thème « Fécondité & Emotions ». A la croisée de mon expérience de femme réputée infertile passée par l’AMP, et de professionnelle de l’accompagnement, j’ai partagé une vision des cycles émotionnels traversés par les couples en chemin vers leurs enfants … et dire la réalité émotionnelle, le vécu des couples, semble avoir favorisé l’ouverture d’un espace-temps d’écoute et dialogue entre les couples et professionnels présents qui s’est révélé d’une qualité et d’une profondeur rares. Pour moi, une nouvelle expérience concrète  de l’importance de la reconnaissance du vécu des couples comme base de dialogue et de coopération entre les acteurs concernés.

C’est probablement cette qualité d’échanges qui permettra à toutes les parties concernées d’accompagner les mutations de fonds qui sont en marche dans la façon de perpétuer la vie.



Générations de Mutants

En effet, à l’échelle de quelques générations notre façon de faire des enfants est en train de considérablement évoluer, et ce pour une proportion – de plus en plus ? - conséquente de couples. Pour tous, individuellement et collectivement, c’est en quelques décennies une révolution profonde dans les corps – le mode de conception change,  mais aussi dans les têtes – les croyances et représentations doivent suivre, et dans les cœurs la vie émotionnelle et relationnelle est bouleversée.

A l’échelle de quelques générations la façon de venir au monde, d’être conçu, porté et de naître change aussi pour une bonne proportion d’enfants. Et être conçu autrement que par un homme et une femme sous la couette,  avec l’aide d’un tiers – Aide Médicale à la Procréation, Don de gamètes; avoir été attendu, espéré pendant des années; tout cela n’est pas anodin ! … ce n’est pas grave non plus ! Mais peut-être que nos enfants ont le besoin que sur leur histoire - singulière, quoique de plus en plus commune - soient posés des mots, du sens, de la conscience.

2 commentaires:

  1. Oui c'est vrai.
    La première génération de mutants est à présent adulte et arrive au moment des questions existentielles avant de devenir à son tour parent.

    Le petit fils de mon amie (il vient de fêter ses 17 ans) est en pleine crise identitaire...
    A-t-il été désiré ?
    Pourquoi a-t-il fallu une FIV pour lui et son jumeau alors que ses parents avaient réussi à concevoir spontanément avant (ensemble) et après (autres conjoints) ?
    Et si la grande soeur morte in utero avait vécue, serait-il là quand même ?

    Dans 10 ans, ce seront des cohortes entières qui se poseront les mêmes questions.
    Et les réponses seront probablement plus simples car ce mode de conception sera devenue l'une des conceptions normales.

    RépondreSupprimer
  2. Très juste Fabienne. C'est un temps de mutation à l'échelle de quelques générations et d'ici quelques temps les représentations auront collectivement suffisamment changé pour que les personnes concernées, parents et enfants, puissent vivre tout cela bien plus sereinement.
    Je suis également assez curieuse de voir comment ces premières générations d'enfants conçues via l'AMP vont aborder elles-mêmes la fécondité. J'ai remarqué chez des personnes dont les parents ont rencontré des difficultés pour les concevoir qu'elles ont très jeunes "testé" leur fertilité ...
    Je m'interroge aussi souvent sur les messages qu'en tant que parents nous passons aux enfants en la matière. Affaire à suivre !
    Merci Fabienne pour ton partage.

    RépondreSupprimer

Maintenant c'est à vous ... de partager ce que ce billet vous inspire.